L’EDITO

La partition du Tambour Major Blanquer…

En effet, le ministre de l’EN a décidé (sans tambour ni trompette) que cette année, la rentrée se ferait en musique dans les établissements scolaires.

Alors que notre académie a, comme chaque année, effectué sa rentrée anticipée par rapport à l’hexagone, nul n’aura ignoré que cette dernière ne s’est pas vraiment déroulée dans des conditions optimales. Alors, une rentrée en musique, certes,  mais avec beaucoup de fausses notes à la Réunion.

Le choix de ne pas reconduire de nombreux contrats aidés conjugué aux coupes budgétaires dans les collectivités, a fait couler beaucoup d’encre dans les médias locaux et mis en lumière les carences en matière d’encadrement. Le report de la rentrée dans les écoles primaires est significatif de cette situation notamment dans les communes

La Réunion, pour rappel, détient le funeste record national du taux de non-titulaires dans la fonction publique territoriale (70% de non titulaires contre 30 en métropole). Il est également bien supérieur aux autres départements outre-mer. L’impact de ces suppressions de contrats a donc forcément ici  un impact très important.

Conscient que ces emplois précaires ne sont pas la solution et qu’ils sont souvent une arme de chantage électoral pour certains élus locaux, il n’en reste pas moins que leur disparition met en lumière les besoins criants en personnels dans les écoles primaires, collèges et lycées. N’oublions pas également que notre métier d’enseignant d’EPS sera potentiellement impacté par la baisse du nombre de personnels en charge de l’entretien et de la surveillance des installations sportives.

Parallèlement à cette baisse budgétaire dans les collectivités, la purge continue également et plus insidieusement dans le second degré. En EPS, pas moins de 20 contractuels ont été directement affectés sur des postes vacants dès le mois de juillet. Un bien triste record !

Une fois que le stock famélique de TZR (17) sera occupé, pas besoin d’avoir fait de grandes études pour présager un recours massif aux non-titulaires. D’ores et déjà, 51 contractuels EPS sont déjà en poste à ce jour.

Comme chaque année, ce seront principalement les élèves de l’éducation prioritaire et de l’Est qui seront les premiers impactés, en EPS mais également dans la majorité des disciplines.

Le rectorat, comme chaque année, jouera sa partition d’une rentrée « réussie » dans la mesure où chaque élève aura un enseignant en face de lui. Et peu importe si ce dernier n’a pas ou peu d’expérience de terrain, pas reçu la moindre formation disciplinaire…

Suite à la parution des décrets sur la loi travail qui constituent une attaque sans précédent contre le code du travail, le gel du point d’indice, le rétablissement de la journée de carence et  l’augmentation du taux de la CSG, il ne fait aucun doute que les salariés devront résister collectivement car nous sommes tous attaqués !

C’est pourquoi, le SNEP Réunion, avec les syndicats de la FSU appelle d’ores et déjà tous les collègues à participer massivement aux différentes actions prévues : notamment le 12 septembre contre la loi travail et lors de la journée d’action prévue au mois d’octobre pour la reconnaissance du travail des agents de la fonction publique.

La résistance, c’est aussi le poids de la syndicalisation qui représente l’unique contre pouvoir face aux mesures néolibérales qui vont se renforcer. C’est pourquoi, nous invitons les collègues fidèles à renouveler leur adhésion et pour les non-syndiqués, à rejoindre le SNEP FSU pour la défense de l’Ecole, de l’EPS et du sport scolaire.

Pour conclure cet édito, nous vous invitons bien sur à participer à notre assemblée générale le 12 octobre, au lycée hôtelier de la Renaissance à Saint Paul.

Ce lieu d’échange et de débat sera l’occasion pour les entrants de rencontrer le SNEP Réunion et nous permettra d’aborder les sujets qui vont probablement marquer cette année scolaire : Circulaire APPN, mise en place des réformes PPCR, sport scolaire, réforme du lycée, JO Paris 2024…

Bonne année scolaire à toutes et tous !

Benoit Caquelard, secrétaire académique du SNEP FSU Réunion

 

 

 

 

STAGE SYNDICAL FSU : MANAGER OU SERVIR?

Humeur du moment

Culte de la performance, du «mérite», de la rentabilité, gouvernance, indicateurs de performance,…..
Une terminologie inspirée du secteur privé pénètre les services publics depuis plusieurs années. Elle s’accompagne de pratiques de gestion des personnels très loin de l’esprit qui a prévalu à la création de la Fonction Publique en France. C’est le « Nouveau Management Public ». Ces pratiques, dont certains cadres se font les relais, engendrent souvent stress, pressions et mal-être et de nombreux agents sont aujourd’hui en souffrance.
Pourquoi, comment et que faire face à ces dérives?
C’est le sens de ces deux journées de stage syndical en présence de l’auteure de l’ouvrage éponyme, Evelyne Bechtold-Rognon, présidente de l’Institut de Recherches de la FSU.
OUVERT À TOUS, SYNDIQUÉS OU NON
Modèle de demande pour la participation et inscription en ligne (impératif) ci dessous :
modèle demande de participation au stage
http://www.fsu974.re/vous-inscrire/

 

 
 

 

EDITO

Avant de vous souhaiter de bonnes vacances, un bilan de l’année écoulée s’impose.

Ces derniers mois ont été marqués par un marathon électoral au cours duquel nous avons assisté à la déroute des partis politiques traditionnels en plus d’une abstention massive et un record de bulletins blancs. Signe de l’exaspération des citoyens, le nouveau président a su tirer parti de la conjoncture actuelle face au Front National et un front républicain qui s’effrite mais néanmoins toujours présent. Que l’on ne s’y trompe pas cependant ; il ne s’agit pas d’un blanc seing ni d’une « macronination » des esprits » que veulent nous vendre un grand nombre de médias. Le socle électoral est faible pour le gouvernement à l’issue des élections législatives. Le choix de procéder par ordonnance sur la réforme du code du travail dès cet été est une erreur politique majeure car, même si elles apparaissent moins brutales qu’un recours au 49.3, les ordonnances n’en sont pas plus démocratiques. Leur but commun est, au final, de contourner le débat parlementaire et les organisations syndicales.

Même si cette loi ne semble pas impacter directement le statut des fonctionnaires, nous sommes tous concernés par cette réforme il ne faut pas se leurrer ! Notamment pour ce qui relève de la santé et de la sécurité au travail  inscrites dans le code du travail, mais également au sujet des discriminations, de l’égalité professionnelle hommes- femmes…

Le choix de ne pas nommer un ministre de la fonction publique (représentant 5.3 million d’agents et 900000 contractuels de droit privé soit plus de 20% des actifs !) au profit d’un ministère de « l’action et des comptes publics » en dit long sur l’orientation choisie qui consacre la primauté du budgétaire sur la notion d’intérêt général. D’ailleurs, pour le Président, le statut des fonctionnaires « n’est plus adapté au monde moderne», ce qui confirme ses intentions de l’attaquer au cours de son quinquennat.

Dans l’éducation nationale, le choix de nommer Jean Michel Blanquer n’est pas anodin. Malgré quelques assouplissements sur la réforme du collège destinés à ne pas froisser les enseignants échaudés par le précédent gouvernement sourd aux revendications, son ouvrage « l’école de demain », paru en 2016 nous éclaire sur ses intentions. Autour de quelques « principes » : renforcement de l’autonomie et de l’autorité des chefs d’établissement, mise en concurrence des établissements, centration sur les « fondamentaux » français et mathématiques, en clair un retour au socle Fillon. Sa vision est directement issue des précédents gouvernements Sarkozy / Chirac auxquels il a activement participé. Bien évidemment dans cette vision, l’EPS et le sport scolaire seraient relégués au second plan. Que ce soit au plan local ou national, plusieurs actions ont été mises en place cette année pour lutter contre une politique visant à appauvrir l’EPS dans ses contenus et la faire disparaitre du nouveau brevet en tant qu’épreuve spécifique.

Nul doute qu’il faudra faire face à de nouvelles attaques, notamment dans notre académie particulièrement impactée par le recours à la précarité principalement dans le secteur EST. Le bilan du mouvement de cette année constitue d’ailleurs un record, avec plus de 20 postes vacants après mouvement et moins de 2% de TZR disponibles. Dans ce contexte, les inégalités vont continuer  à se creuser…

C’est pourquoi, il est plus important que jamais d’avoir un SNEP et une FSU forts afin de défendre nos valeurs d’égalité et de justice pour les élèves et les personnels au sein d’une école émancipatrice et non étriquée autour d’une vision utilitaire au service d’un système économique libéral.

Cette année, 290 collègues, titulaires et non-titulaires ont adhéré au SNEP FSU Réunion, représentant près de 40% de la profession ce qui est un record historique et le signe de la confiance que vous nous accordez.

A un an des élections professionnelles, le nouveau bureau élu et vos commissaires paritaires auront pour objectif de continuer le combat pour faire vivre nos valeurs d’un syndicat de transformation sociale.

Bonne vacances à toutes et tous

                         Pour le secrétariat académique, Benoit Caquelard

 

DECLARATION LIMINAIRE FPMA 30 JUIN 2017

Monsieur le Président, mesdames, messieurs les membres de la FPMA.

Notre nouveau ministre de l’éducation, qui n’est d’ailleurs plus « national » vient d’annoncer un budget resserré ainsi que le gel des postes d’enseignants et de déclarer « qu’aujourd’hui  nous pouvons penser que nous avons le nombre de postes qui convient. »

Pour notre part, nous ne pouvons donc que suggérer à notre ministre de venir dans notre académie et plus particulièrement dans certaines zones géographiques pour qu’il prenne conscience de son erreur d’appréciation…

Au sortir de cette FPMA, 20 postes seront vacants dont19 dans l’EST, ce qui constitue un nouveau record.

Dans le même temps nous assistons depuis 1 décennie à une chute inexorable du nombre de TZR : 98 en 2007 et 16 cette année. Cette situation est à l’inverse de l’évolution en métropole qui a retrouvé un nombre de TZR quasi similaire à celui de 2007.

Cette inégalité inacceptable nous laisse un taux de remplacement de titulaires inférieur à 2%. Face à cette pénurie le rectorat n’a d’autre choix que le recours massif aux personnels non-titulaires qui augmente tous les ans (près de 60 en EPS cette année).

Nous constatons que, malgré l’engagement du Secrétaire Général à intervenir auprès du ministère pour obtenir un meilleur calibrage, l’EPS sera encore plus déficitaire à la prochaine rentrée. Les inégalités vont donc continuer à augmenter entre la métropole et la Réunion d’une part, mais également entre les zones géographiques (secteur EST notamment) et les établissements les moins attractifs de l’académie (collèges REP et REP+) d’autre part.

Avoir conscience de ces problèmes majeurs est une chose. A quand les actes  avec notamment un calibrage à la hauteur des besoins ?

En ce sens nous considérons que vous portez la co-responsabilité avec le ministère de cette situation, car il est impensable que la situation locale soit à ce point ignorée par les services centraux.

Cette année les mutations font apparaître 26 postes à complément de service. Si certains de ces postes permettent d’éviter des mesures de carte scolaire, ils constituent pour autant, une situation inconfortable pour les collègues et dégrade la qualité des services. C’est pourquoi les appariements devraient de notre point de vue privilégier les EPLE de même nature. Ils doivent être également respectueux de la circulaire, sinon, à quoi bon établir des règles…

Nous avons recensés à ce sujet trois cas de contournement concernant leur attribution.

Comme tous les ans, nous devons faire face à des divulgations de projet de mutation avant la tenue de la FPMA, ce qui discrédite notre travail de commissaire paritaire. Cette année, cette situation a atteint son paroxysme : des collègues se sont même présentés dans les établissements!

La date de la FPMA, très tardive cette année a certainement accentuée cette dérive mais il semble plus que jamais indispensable de trouver une solution qui redonne toute sa valeur au mot confidentiel et rappelle à tous les règles du paritarisme.

Une fois encore, l’EPS clôture ce mouvement intra. L’an prochain nous souhaiterions l’inaugurer.

Concernant ce mouvement nous auront des propositions d’amélioration de mutations à vous soumettre.

 

 

COMMISSION ACADEMIQUE DU SNEP FSU REUNION

La commission académique de fin d’année du SNEP FSU Réunion s’est tenue le jeudi 15 juin 2017 au COGOHR de Trois Bassins.

Plus de 40 collègues étaient présentes pour débattre et échanger autour de nombreux sujets d’actualités locales et nationales.

Cette commission fut aussi l’occasion de présenter le nouveau secrétariat académique faisant suite à l’élection interne qui s’est déroulée cette année scolaire.

Le nouveau bureau est le suivant :

Co secrétaires académiques ; Fabienne YU KUI, Damien Laude et Benoit Caquelard

Trésorière académique ; Candice Billy. Trésorière académique adjointe : Anouk Le Guilloux.

Le nouveau secrétariat académique tient à saluer l’engagement militant de Catherine Duriez, secrétaire académique durant deux mandats et qui continuera sa fonction de secrétaire du CHSCTA au titre de la FSU. 

CHSCTA : DECLARATION LIMINAIRE DE LA FSU

ÉDITO

DÉCLARATION LIMINAIRE lors du CHSCT académique (comité hygiène sécurité et condition de travail)  du 13 juin

Cette année scolaire se termine, et il était temps, a-t-on envie de dire.
En effet, elle s’est caractérisée par une dégradation des conditions de travail, pour de trop nombreux collègues: hausse des actes de violence sans précédent dans l’académie, tant par le niveau que par la fréquence, les actes de malveillance sur les établissements, les violences physiques envers les personnels, les agressions verbales… Tout cela doit vous interpeller.
Alors qu’aucune fiche RSST (risques santé et sécurité au travail), aucun accident de travail ne remonte jusqu’au CHSCT, nous faisons le constat que comme les années précédentes, le travail de prévention dévolu au CHSCTA ne peut être mis en place.
Les alertes aux risques psychosociaux, qu’ils soient individuels ou collectifs, doivent se traduire enfin par la mise en place d’un réel plan de prévention académique, plan de prévention que nous appelons de nos vœux , depuis plusieurs années.

Par ailleurs , les réorganisations du travail successives , (réformes du collège, des programmes, PDMQC (plus de maitres que de classes)…..LSUN…la redistribution dans le premier degré des moyens en remplacement) ont demandé aux personnels un investissement important , allant même pour certains contre leurs valeurs.
Or, cette fin d’année est également marquée par un nouveau changement au sommet de l’État, changement de ministre , changement de cabinet… Les premières mesures annoncées montrent une volonté de revenir en arrière ALORS MÊME que les personnels aspirent à de la stabilité. On le voit bien dans le cadre de la suppression du dispositif plus de maîtres que de classes et de la refonte des rythmes scolaires. L’idéologie, l’ignorance, voire le mépris, de l’expertise et de la parole des acteurs de terrain que sont les personnels tiennent lieu d’évaluation des dispositifs. Lutter contre les risques psycho-sociaux, alors que notre ministère de tutelle, les fabriquent en grande quantité, revient à mettre un emplâtre sur une jambe de bois. Nous redoutons qu’une part importante de nos collègues ne se démobilisent …Nous demandons qu’une attention toute particulière soit apportée dès la rentrée 2017 pour les collègues PE, qui partagerons une salle de classe, qui verront leur affectation PDQMC éventuellement annulée…

Tout cela devrait se traduire par plus de moyens accordés à la prévention et aux représentants du personnel. Mais si l’on s’en tient aux annonces faites, sur la refonte du dialogue social, le projet de dissolution de l’inspection du travail, l’hypothèse de décider des normes en matière de sécurité et de santé au travail à l’échelle locale, la fusion des instances représentatives du personnel fait partie du « projet » on est en droit de s’interroger sur l’avenir et l’amélioration de nos conditions de travail.

Pendant ce temps, aux États Unis, parce que le rendement des personnels est plus faible et donc, moins productif, les entreprises s’intéressent au bien être des personnels, à la reconnaissance de leurs aspirations, de leur créativité,… afin de retrouver cette productivité qu’ils n’ont plus, perdue au fil d’années de management basé sur le seul profit au détriment de l’humain.

Pendant ce temps en France, dans la fonction publique, on a encore des années de retard dans la gestion des personnels !