EDITO

Avant de vous souhaiter de bonnes vacances, un bilan de l’année écoulée s’impose.

Ces derniers mois ont été marqués par un marathon électoral au cours duquel nous avons assisté à la déroute des partis politiques traditionnels en plus d’une abstention massive et un record de bulletins blancs. Signe de l’exaspération des citoyens, le nouveau président a su tirer parti de la conjoncture actuelle face au Front National et un front républicain qui s’effrite mais néanmoins toujours présent. Que l’on ne s’y trompe pas cependant ; il ne s’agit pas d’un blanc seing ni d’une « macronination » des esprits » que veulent nous vendre un grand nombre de médias. Le socle électoral est faible pour le gouvernement à l’issue des élections législatives. Le choix de procéder par ordonnance sur la réforme du code du travail dès cet été est une erreur politique majeure car, même si elles apparaissent moins brutales qu’un recours au 49.3, les ordonnances n’en sont pas plus démocratiques. Leur but commun est, au final, de contourner le débat parlementaire et les organisations syndicales.

Même si cette loi ne semble pas impacter directement le statut des fonctionnaires, nous sommes tous concernés par cette réforme il ne faut pas se leurrer ! Notamment pour ce qui relève de la santé et de la sécurité au travail  inscrites dans le code du travail, mais également au sujet des discriminations, de l’égalité professionnelle hommes- femmes…

Le choix de ne pas nommer un ministre de la fonction publique (représentant 5.3 million d’agents et 900000 contractuels de droit privé soit plus de 20% des actifs !) au profit d’un ministère de « l’action et des comptes publics » en dit long sur l’orientation choisie qui consacre la primauté du budgétaire sur la notion d’intérêt général. D’ailleurs, pour le Président, le statut des fonctionnaires « n’est plus adapté au monde moderne», ce qui confirme ses intentions de l’attaquer au cours de son quinquennat.

Dans l’éducation nationale, le choix de nommer Jean Michel Blanquer n’est pas anodin. Malgré quelques assouplissements sur la réforme du collège destinés à ne pas froisser les enseignants échaudés par le précédent gouvernement sourd aux revendications, son ouvrage « l’école de demain », paru en 2016 nous éclaire sur ses intentions. Autour de quelques « principes » : renforcement de l’autonomie et de l’autorité des chefs d’établissement, mise en concurrence des établissements, centration sur les « fondamentaux » français et mathématiques, en clair un retour au socle Fillon. Sa vision est directement issue des précédents gouvernements Sarkozy / Chirac auxquels il a activement participé. Bien évidemment dans cette vision, l’EPS et le sport scolaire seraient relégués au second plan. Que ce soit au plan local ou national, plusieurs actions ont été mises en place cette année pour lutter contre une politique visant à appauvrir l’EPS dans ses contenus et la faire disparaitre du nouveau brevet en tant qu’épreuve spécifique.

Nul doute qu’il faudra faire face à de nouvelles attaques, notamment dans notre académie particulièrement impactée par le recours à la précarité principalement dans le secteur EST. Le bilan du mouvement de cette année constitue d’ailleurs un record, avec plus de 20 postes vacants après mouvement et moins de 2% de TZR disponibles. Dans ce contexte, les inégalités vont continuer  à se creuser…

C’est pourquoi, il est plus important que jamais d’avoir un SNEP et une FSU forts afin de défendre nos valeurs d’égalité et de justice pour les élèves et les personnels au sein d’une école émancipatrice et non étriquée autour d’une vision utilitaire au service d’un système économique libéral.

Cette année, 290 collègues, titulaires et non-titulaires ont adhéré au SNEP FSU Réunion, représentant près de 40% de la profession ce qui est un record historique et le signe de la confiance que vous nous accordez.

A un an des élections professionnelles, le nouveau bureau élu et vos commissaires paritaires auront pour objectif de continuer le combat pour faire vivre nos valeurs d’un syndicat de transformation sociale.

Bonne vacances à toutes et tous

                         Pour le secrétariat académique, Benoit Caquelard

 

DECLARATION LIMINAIRE FPMA 30 JUIN 2017

Monsieur le Président, mesdames, messieurs les membres de la FPMA.

Notre nouveau ministre de l’éducation, qui n’est d’ailleurs plus « national » vient d’annoncer un budget resserré ainsi que le gel des postes d’enseignants et de déclarer « qu’aujourd’hui  nous pouvons penser que nous avons le nombre de postes qui convient. »

Pour notre part, nous ne pouvons donc que suggérer à notre ministre de venir dans notre académie et plus particulièrement dans certaines zones géographiques pour qu’il prenne conscience de son erreur d’appréciation…

Au sortir de cette FPMA, 20 postes seront vacants dont19 dans l’EST, ce qui constitue un nouveau record.

Dans le même temps nous assistons depuis 1 décennie à une chute inexorable du nombre de TZR : 98 en 2007 et 16 cette année. Cette situation est à l’inverse de l’évolution en métropole qui a retrouvé un nombre de TZR quasi similaire à celui de 2007.

Cette inégalité inacceptable nous laisse un taux de remplacement de titulaires inférieur à 2%. Face à cette pénurie le rectorat n’a d’autre choix que le recours massif aux personnels non-titulaires qui augmente tous les ans (près de 60 en EPS cette année).

Nous constatons que, malgré l’engagement du Secrétaire Général à intervenir auprès du ministère pour obtenir un meilleur calibrage, l’EPS sera encore plus déficitaire à la prochaine rentrée. Les inégalités vont donc continuer à augmenter entre la métropole et la Réunion d’une part, mais également entre les zones géographiques (secteur EST notamment) et les établissements les moins attractifs de l’académie (collèges REP et REP+) d’autre part.

Avoir conscience de ces problèmes majeurs est une chose. A quand les actes  avec notamment un calibrage à la hauteur des besoins ?

En ce sens nous considérons que vous portez la co-responsabilité avec le ministère de cette situation, car il est impensable que la situation locale soit à ce point ignorée par les services centraux.

Cette année les mutations font apparaître 26 postes à complément de service. Si certains de ces postes permettent d’éviter des mesures de carte scolaire, ils constituent pour autant, une situation inconfortable pour les collègues et dégrade la qualité des services. C’est pourquoi les appariements devraient de notre point de vue privilégier les EPLE de même nature. Ils doivent être également respectueux de la circulaire, sinon, à quoi bon établir des règles…

Nous avons recensés à ce sujet trois cas de contournement concernant leur attribution.

Comme tous les ans, nous devons faire face à des divulgations de projet de mutation avant la tenue de la FPMA, ce qui discrédite notre travail de commissaire paritaire. Cette année, cette situation a atteint son paroxysme : des collègues se sont même présentés dans les établissements!

La date de la FPMA, très tardive cette année a certainement accentuée cette dérive mais il semble plus que jamais indispensable de trouver une solution qui redonne toute sa valeur au mot confidentiel et rappelle à tous les règles du paritarisme.

Une fois encore, l’EPS clôture ce mouvement intra. L’an prochain nous souhaiterions l’inaugurer.

Concernant ce mouvement nous auront des propositions d’amélioration de mutations à vous soumettre.

 

 

COMMISSION ACADEMIQUE DU SNEP FSU REUNION

La commission académique de fin d’année du SNEP FSU Réunion s’est tenue le jeudi 15 juin 2017 au COGOHR de Trois Bassins.

Plus de 40 collègues étaient présentes pour débattre et échanger autour de nombreux sujets d’actualités locales et nationales.

Cette commission fut aussi l’occasion de présenter le nouveau secrétariat académique faisant suite à l’élection interne qui s’est déroulée cette année scolaire.

Le nouveau bureau est le suivant :

Co secrétaires académiques ; Fabienne YU KUI, Damien Laude et Benoit Caquelard

Trésorière académique ; Candice Billy. Trésorière académique adjointe : Anouk Le Guilloux.

Le nouveau secrétariat académique tient à saluer l’engagement militant de Catherine Duriez, secrétaire académique durant deux mandats et qui continuera sa fonction de secrétaire du CHSCTA au titre de la FSU. 

CHSCTA : DECLARATION LIMINAIRE DE LA FSU

ÉDITO

DÉCLARATION LIMINAIRE lors du CHSCT académique (comité hygiène sécurité et condition de travail)  du 13 juin

Cette année scolaire se termine, et il était temps, a-t-on envie de dire.
En effet, elle s’est caractérisée par une dégradation des conditions de travail, pour de trop nombreux collègues: hausse des actes de violence sans précédent dans l’académie, tant par le niveau que par la fréquence, les actes de malveillance sur les établissements, les violences physiques envers les personnels, les agressions verbales… Tout cela doit vous interpeller.
Alors qu’aucune fiche RSST (risques santé et sécurité au travail), aucun accident de travail ne remonte jusqu’au CHSCT, nous faisons le constat que comme les années précédentes, le travail de prévention dévolu au CHSCTA ne peut être mis en place.
Les alertes aux risques psychosociaux, qu’ils soient individuels ou collectifs, doivent se traduire enfin par la mise en place d’un réel plan de prévention académique, plan de prévention que nous appelons de nos vœux , depuis plusieurs années.

Par ailleurs , les réorganisations du travail successives , (réformes du collège, des programmes, PDMQC (plus de maitres que de classes)…..LSUN…la redistribution dans le premier degré des moyens en remplacement) ont demandé aux personnels un investissement important , allant même pour certains contre leurs valeurs.
Or, cette fin d’année est également marquée par un nouveau changement au sommet de l’État, changement de ministre , changement de cabinet… Les premières mesures annoncées montrent une volonté de revenir en arrière ALORS MÊME que les personnels aspirent à de la stabilité. On le voit bien dans le cadre de la suppression du dispositif plus de maîtres que de classes et de la refonte des rythmes scolaires. L’idéologie, l’ignorance, voire le mépris, de l’expertise et de la parole des acteurs de terrain que sont les personnels tiennent lieu d’évaluation des dispositifs. Lutter contre les risques psycho-sociaux, alors que notre ministère de tutelle, les fabriquent en grande quantité, revient à mettre un emplâtre sur une jambe de bois. Nous redoutons qu’une part importante de nos collègues ne se démobilisent …Nous demandons qu’une attention toute particulière soit apportée dès la rentrée 2017 pour les collègues PE, qui partagerons une salle de classe, qui verront leur affectation PDQMC éventuellement annulée…

Tout cela devrait se traduire par plus de moyens accordés à la prévention et aux représentants du personnel. Mais si l’on s’en tient aux annonces faites, sur la refonte du dialogue social, le projet de dissolution de l’inspection du travail, l’hypothèse de décider des normes en matière de sécurité et de santé au travail à l’échelle locale, la fusion des instances représentatives du personnel fait partie du « projet » on est en droit de s’interroger sur l’avenir et l’amélioration de nos conditions de travail.

Pendant ce temps, aux États Unis, parce que le rendement des personnels est plus faible et donc, moins productif, les entreprises s’intéressent au bien être des personnels, à la reconnaissance de leurs aspirations, de leur créativité,… afin de retrouver cette productivité qu’ils n’ont plus, perdue au fil d’années de management basé sur le seul profit au détriment de l’humain.

Pendant ce temps en France, dans la fonction publique, on a encore des années de retard dans la gestion des personnels !

COMMUNIQUE DE PRESSE

Communiqué FSU

Les Lilas le 24 avril 2017

Élections présidentielles : pas une voix pour le Front national !

Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle indiquent que la représentante du Front national est qualifiée pour le second tour.

La FSU considère avec une extrême gravité la montée de l’extrême droite dans notre pays.

Depuis des années, la FSU prend une part active pour la combattre. .Elle s’est encore récemment adressée à toutes et tous les agent-es de la Fonction publique pour les alerter sur la dangerosité du Front national pour notre démocratie.

Une arrivée au pouvoir du Front national est inenvisageable pour la FSU.

Outre les replis nationalistes, les discours de haine et de racisme, le programme du Front National est contraire aux objectifs et valeurs de solidarité, justice sociale, égalité et de paix que porte la FSU. Compte tenu des pouvoirs octroyés au président de la Vème République, la prise de pouvoir du Front national serait une catastrophe pour notre pays : préférence nationale et racisme d’État aggraveraient encore les fractures de notre société. Les plus fragiles de nos concitoyens seraient les plus touchés. La FSU ne peut l’envisager.

Contrairement à un affichage anti-système, là où il est en responsabilité, le Front national déploie une organisation clientéliste et discriminatoire. Il dit parler «au nom du peuple» et des «petits», mais brise les solidarités en s’attaquant par exemple au milieu associatif et culturel. Pour réduire les impôts, il fragilise le service public. Et il n’hésite pas à exercer des pressions sur les agent-es, en utilisant honteusement les réseaux sociaux comme moyen d’intimidation.

Mais lutter contre les idées d’extrême droite implique de lutter contre les inégalités et les injustices, les politiques libérales en œuvre qui font le lit de l’extrême-droite depuis des années. Il s’agit de les combattre et de faire avancer nos revendications.

Continuer sur la voie des politiques libérales ne fera qu’aggraver le chômage et la précarité, fragiliser les services publics et la protection sociale, amenuiser l’égalité de toutes et tous face aux droits élémentaires, renforcer les inégalités sociales…

La FSU porte et continue de porter des propositions alternatives pour une société plus juste et plus solidaire : partage du temps de travail, autre répartition des richesses et réforme fiscale, mesures pour une transition écologique pour préparer l’avenir, renforcement des services publics et de la protection sociale pour lutter contre les inégalités, réussite scolaire et élévation d’un niveau de qualification pour tous les jeunes … Elle les portera également lors de la campagne des élections législatives et au-delà.

C’est cette orientation qu’elle continuera de porter et de défendre avec les personnels. Elle construira, chaque fois que nécessaire, avec les salariés, les mobilisations dans l’unité la plus large.

La FSU s’y emploie dès aujourd’hui en appelant à faire du 1er mai un grand rassemblement revendicatif, dans l’unité la plus large, pour une société plus juste, plus égalitaire et plus solidaire, et pour dénoncer l‘idéologie du Front National présent au second tour des élections.

Le vote Front national n’est pas la solution pour répondre aux crises et difficultés que connaît notre société.Nous sommes toutes et tous concerné-es. Pas de vote pour le Front national !

COURROUX EN GUYANE

Tribune libre de Catherine Duriez
     
Comment ne pas se sentir concerné par la situation guyanaise?

Pas moins de 37 syndicats réunis au sein de l’Union des Travailleurs Guyanais ont lancé un mouvement de revendication de grande ampleur. Et voilà toute la région complètement paralysée au point que même Ariane, la fusée européenne, ne peut plus décoller. Cette grève s’accompagne bien évidemment de revendications aussi larges que légitimes puisqu’elle cherche à interpeller les autorités sur les problèmes d’insécurité, d’insuffisance d’offre de soins, de retards structurels en matière de santé ou d’infrastructures diverses et variées.

Les Guyanais descendent dans la rue pour  se plaindre  parce que  les services de base, auxquels ils ont droit ne sont pas rendus : Sécurité, Santé, Ecole ,Transports….les services publics sont anémiés..L’inégalité avec la métropole est frappante. La misère sociale engendrée par le niveau élevé de chômage, un taux de pauvreté très élevé(45%) et un taux record de décrochage scolaire ne peuvent qu’engendrer de l’insécurité et le chacun pour soi. Cette réaction collective est une lutte pour la dignité, pour le droit à sa part de soleil.

Kourou, centre de la contestation, est fortement symbolique du désengagement de l’Etat, avec son projet de vente de l’hôpital à un groupe privé. Le taux de mortalité infantile est 4 fois supérieur à celui de la métropole, 1/4 des guyanais n’ont pas accès non plus à l’électricité.

Cette situation met en exergue l’importance des services publics au moment même où de nombreux candidats à la fonction suprême osent annoncer l’équivalent de plans sociaux massifs en proposant la suppression de 100 000, 200 000 , 500 000…fonctionnaires. Qui dit mieux à cette surenchère honteuse?

Alors oui, Ericka Bareigts peut présenter des excuses aux Guyanais pour l’abandon de ce territoire par les gouvernements successifs. Alors oui, la Guyane mérite un plan d‘investissement de grande ampleur.

Mais la situation de la Guyane nous renvoie à la situation de la Réunion, de Mayotte, des outremers et certaines banlieues métropolitaines .Seuls le renforcement des services publics, la priorité à la santé et à l’éducation , le droit à l’emploi sont de nature à faire sortir les Français de l’engrenage de la violence, à reconstruire des solidarités et  du bien vivre ensemble.

Comment un pays comme le nôtre (5° puissance mondiale) peut-il produire tant de pauvreté et d’inégalités? Il serait peut être temps de reposer la question de la répartition des richesses.

Alors, oui La Guyane est en souffrance ….mais l’’ensemble des territoires ultramarins ne serait il pas en sous-France?

Catherine Duriez, secrétaire académique du SNEP FSU Réunion